Symposium 2006

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Lapidiales

Les Lapidiales, résidence d'artistes dans une ancienne carrière de pierre calcaire, Port-d'Envaux (17), parrainage Ousmane Sow.
Pièce effectuée en taille directe exclusivement à la main entre 2005 et 2009. Durée totale : 7 mois.
Prochain séjour prévu en 2011...


L'arche des illusions

Ce crâne géant aux yeux bandés n'est pas une anecdotique "tête de mort". Il rappelle que nous aussi nous avons un tel objet à l'intérieur de notre tête. Il veut produire un effet miroir en interrogeant le passant : "Lorsqu'un jour des archéologues retrouveront ton crâne, aura-t-il aussi les yeux bandés ?" C'est le crâne d'un homme qui a vécu dans l'obscurité de ses illusions et de ses croyances.
A côté, une enfant fixe le spectateur. Sa gravité renvoie à notre propre jugement sur nous-même.

L'arche elle-même est constituée d'une circulation humaine. Un personnage sort de terre, fort, paisible, plein de volonté, les yeux clos, il grimpe vers un dé portant les chiffres 3 et 5. Illusion de la force. Plus haut un autre personnage pousse un coeur de son poing fermé. Ses yeux sont ouverts mais ne voient pas. Illusion de l'amour. Le sommet de l'arche est matérialisé par un diamant, symbole de la richesse matérielle, du confort. Illusion de sécurité. Le personnage suivant, reste tourné vers le diamant mais semble entraîné par le drapé qui court le long de l'arche, comme un fleuve puissant, qui aide à monter mais oblige aussi à redescendre. Ce personnage souffre, crie, pourrait voir, mais son regard se tourne vers le ciel, il est déjà trop tard. Fin des illusions. Le quatrième personnage dégringole, il ne voit plus... Il sera inéluctablement absorbé par la terre-matrice...

On aperçoit une petite porte, en bas, à l'intérieur de l'arche. Trois livres, une mandoline et un crâne gisent à l'entrée. Sur le linteau on peut lire :"V.I.T.R.I.O.L.U.M." : Visitae Interiora Terrae Rectificando Invenies Oris Lapidem Veram Medicinam. "Cherche à l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre de l'origine véritable médecine"... Alchimie, transformation de la matière... Qui pourra pénétrer mentalement par cette porte malgré le bloc énorme qui en barre le passage, et accomplira ce travail sur soi (le Rectificando de la formule) pourra peut-être devenir celui qui s'envole au dessus de l'arche infernale en regardant vers le Sud, vers la lumière, vers la connaissance, sans s'aveugler, car il porte des lunettes, des filtres protecteurs...

Dans l'ombre de l'arche, un hibou cynique est perché sur un sablier. Tout en bas à droite, une main surgit discrètement de l'intérieur de la terre, là où disparaissent les anciens. Elle tend une clé...

Le thème dans cette partie de la carrière est : "de l'abîme à l'azur". Mon projet, qui préexistait à ma découverte des Lapidiales, s'appelait "El arco de las illusiones". Un appel à ne croire ni aux sirènes ni aux arrières-mondes, à découvrir un sacré totalement immanent. Un appel à l'autonomie de l'être, à l'usage subtil de la volonté.
Tellement humain. Le surhumain n'est plus très loin.







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janvier 2009

(photo-montage)

"Ô misérables esprits des hommes, ô cœurs aveugles ! Dans quelles ténèbres, parmi quels dangers, se consume ce peu d'instants qu'est la vie ! Comment ne pas entendre le cri de la nature, qui ne réclame rien d'autre qu'un corps exempt de douleur, un esprit heureux, libre d'inquiétude et de crainte ?" (Lucrèce, De la nature)

L'homo chretinus a déjà laissé la place à l'homo connectus. On s'en fout. Le résultat sera le même pour les archéologues du futur. Les crânes qu'ils retrouveront sous les décombres irradiés se seront vidés de leurs illusions formatées. 
Ils auront tous les yeux bandés !

Le surhumain est encore loin...


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Dimanche 15 juillet 2007




Petite parenthèse sur bloc entre deux coups de griffe sur falaise.
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Vendredi 6 juillet 2007

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24 septembre 2006

La pièce que j'ai commencée en 2005, sur les fronts de taille de l'ancienne carrière des Chabossières, à Port-d'Envaux (17) exprime ce qu'elle devait exprimer (pour l'instant). Merci à Alain Tenenbaum, l'inventeur des Lapidiales, pour m'avoir permis d'entreprendre la réalisation de ce rêve. Merci aussi pour le titre du film.

voir la vidéo

(pour lire l'archive sur le projet artistique cliquez ici)

(nouvelles photos dans l'album "Mes Lapidiales 2006")

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12 septembre 2006

Bon, ça y est, le mec s'envole dans l'oeil situé au dessus de l'arche. On me fait remarquer à longueur de journée qu'il porte des lunettes de soleil. Normal, il regarde vers le Sud, vers la lumière donc...

 

Sous l'arche, la porte du petit cabinet de réflexion est ébauchée. Mais j'ai renoncé pour l'instant à extraire le bloc qui encombre l'entrée. Je pensais le faire faire par le public pendant la fête des Lapidiales, sous la forme d'une animation. Mais j'ai finalement laissé tomber. J'ai préféré éviter les coups de pic à trancher malheureux et ainsi préserver les arêtes des montants et du linteau. Hélas cela n'a pas empêché quelques trépanés de venir faire les malins pendant que j'avais le dos tourné... Le Petit Robert dit : vandalisme [vSdalism] n. m. • 1793; de vandale  ¨ Tendance à détruire stupidement, à détériorer, par ignorance, des œuvres d'art

C'est la vie. Je vais profiter de mes dernières semaines ici pour graver la formule alchimiste "V.I.T.R.I O.L." sur le linteau. Et améliorer quelques détails de la composition. Ainsi j'aurai sculpté tous les éléments strcuturants de mon projet. Et je pourrai faire une pause. Après 5 mois passés sur le front de taille (en tout juste un peu plus d'un an !), j'ai besoin de marquer le pas, de me ressourcer. Je reviendrai plus tard compléter cette pièce qui me tient tant à coeur. L'été prochain, je laisserai donc ma place à d'autres (peut-être à Gadadhar Ojha, qui est venu le week-end dernier, et que j'ai coopté).

 

 

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20 août 2006

Deuxième partie de ma résidence 2006 aux Lapidiales. Le front de taille a été sécurisé (purgé et gainé dans un filet de sécurité anti-éboulements). Entre les averses, je peux donc me lancer dans la réalisation du personnage qui s'envolera tout en haut de la composition, à six mètres du sol. La position, idéale pour voler en parapente, reste assez inconfortable compte-tenu des nombreux points d'ancrage de la sellette : deux pour l'accrochage, un pour le stop-chute, et un point variable à partir des sangles pour me positionner au plus près de la roche. Résultat : ce sont les épaules qui compensent le manque de mobilité. Et elles me le font savoir... de jour comme de nuit !

(Photo Alain Tenenbaum)

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27 juin 2006

Oups, j'avais oublié ce petit détail cynique sculpté dans les derniers jours de mon séjour aux Lapidiales : un hibou sur un sablier.

Bon, rendez-vous du 15 août au 30 septembre pour la très acrobatique deuxième partie de mon séjour 2006 aux Lapidiales. D'ici là, la falaise aura été sécurisée. Et le Symposium de Pézenas sera passé...

 

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6 juin 2006

Je vais devoir attendre le 15 août, date de mon retour à Port-d'Envaux, pour réaliser la partie supérieure de mon projet. Les travaux de sécurisation, et notamment la pose d'un filet anti-éboulis sur le haut de la paroi, devraient être réalisés d'ici là par la société Etair. J'ai donc rangé cordes et mousquetons et j'ai profité de la visite de ma petite famille pour faire poser ma Lulu. Il me reste une dizaine de jours. Après cela, je ferai un break de deux mois.

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29 mai 2006

(photo Yglix Rigutto)

Nouvelles du front (de taille). Je viens de passer une semaine à mettre au point et à tester mon système d'accrochage pour réaliser la partie haute. Je dois travailler entre 5 et 6m/sol. Côté sécurité, j'ai doublé tout, ancrages et cordes, avec un stop-chute en prime. Le tout est accroché au câble de tête du filet de sécurité en haut de la falaise. Côté confort, ben... c'est une sellette de parapente hein, alors ça va :) Et puis j'ai installé une longe pour me rapprocher de la paroi (à cause du surplomb) aussi bien au centre que vers les côtés. Bilan : un peu frime mais tout à fait faisable.

(photo Yglix Rigutto)

Petit impondérable néanmoins : l'écaille de pierre située juste au dessus de mon prochain personnage, et donc à l'applomb de mes jambes lorsque je travaille,  ne m'inspirait pas confiance. Après avoir effectué mes tests de faisabilité, j'ai donc décidé de sonder la solidité de cette partie de falaise en me positionnant au dessus... et j'ai sorti un copeau de 100 kilos. C'est le bout qui manque, là :

 A droite, à gauche et au dessus, ça ne tient pas non plus. D'ailleurs l'étude préalable à la sécurisation du site préconisait de mettre des ancrages dans la roche pour retenir précisément cette partie de la paroi. Finalement, il va donc falloir purger. On verra bien comment...

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24 mai 2006

Avec un peu de retard quelques extraits de l'article de Didier Faucard paru dans Sud-Ouest, lundi 8 mai 2006 sous le titre: "Rien que du plaisir"

La visite du journaliste Didier Faucard (photo Tapiwa Chapo)

(...)

...Le sculpteur de Pézenas (Hérault) est désormais un habitué. « J'ai rencontré Alain Tenenbaum lors d'un symposium qui portait sur Bobby Lapointe, à Pézenas, ville natale du chanteur. Nous avons bien échangé et j'ai eu envie de venir aux Lapidiales. D'entrée, j'ai craqué à l'idée d'attaquer directement la falaise. »

Autour du thème « De l'abîme à l'azur », l'artiste s'est donc engagé sur un projet de trois ans. Venu l'an passé, il viendra deux fois cette année (jusqu'au 15 juin, puis du 15 août au 30 septembre) et sera de nouveau là, l'an prochain. Une composition où l'on voit l'être humain s'extirper de l'abîme avec force, s'élever et finalement retomber et retourner à la terre, malgré le fait qu'il essaie de se raccrocher aux autres. Métaphore de la condition humaine, en quelque sorte.

« La sculpture sera dominée par un personnage central qui, lui, parvient à s'élever, s'envoler vers l'azur. L'idée est de montrer que l'on veut ainsi se détacher de notre condition, aller plus loin; on ne peut compter que sur nous, notre capacité à nous dépasser. C'est avant tout une recherche intérieure », explique-t-il. En dessous sera creusée une cavité sculptée, « un lieu pour méditer ».

(...)

A peu de distance, le Rochelais Alain-Paul Dony a décidé de réaliser une oeuvre monumentale symbolisant l'homme s'extirpant de la matière. « C'est mon côté mégalo. Je veux faire la plus grosse », rigole-t-il.

Le troisième est le sculpteur d'origine zimbabwéenne Tapiwa Chapo, aujourd'hui établi en Slovénie. Sur le thème de l'« imaginaire du fleuve », il a décidé d'illustrer une légende de son pays. Celle de l'esprit du fleuve Niami-Niami. « En 1956, les Anglais ont construit un barrage sur le fleuve Zambèze, où se trouvait cet esprit. Un poisson-serpent protégeait la population. Du fait de la construction du barrage, la partie mâle et la partie femelle ont été séparées. Pour se retrouver, elles ont tout détruit, créant des crues énormes, pendant cinq années de suite », traduit Dann Chetrit.

« Cette légende est toujours transmise de génération en génération. » Une sorte d'appel au respect de la nature.

Sachant que les artistes doivent aussi s'adapter aux difficultés rencontrées. «Notamment aux failles de la roche, aux changements; on tape dans le dur et puis on rencontre des lots d'agile ou de silex. On est obligé de tenir compte de cela en sculptant. Bien réfléchir à ce que l'on va faire. Modifier en tenant compte de cette matière », indiquent Dann Chetrit et Alain-Paul Dony. « C'est comme du jazz, on a le thème central et, après, on improvise », complète le premier.

(...)

 

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22 mai 2006

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Corps & Art



"Dann sculpte l’intériorité révélée par les blessures du corps, qu’elles soient subies ou choisies. Le corps est à la fois un sablier cynique et un journal intime. Ce medium traduit les tortures intérieures et l’érosion due à l’adversité. Son appropriation par l'esprit est un signe manifeste de libre-arbitre. Sa démystification fait peur car elle renvoie à l'autonomie des êtres."

Contact :
  latannerie @ hotmail.fr
04 67 62 27 57
 
 
 
 
 
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